Collection Grande Guerre

« Spectacle navrant que j’ai sous les yeux » note Lucien Richomme dans son carnet à la date du 25 octobre 1914, au beau milieu des combats pour Dixmude que défendent les fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h appuyés de troupes belges et de tirailleurs sénégalais. « Plus de tranchée » poursuit-il, « ce ne sont plus que d’immenses trous de marmites entourés de cadavres. La compagnie a perdu la moitié de ses hommes. Je reste toujours seul de mon escouade »...

Dans un style direct, souvent imagé, le fusilier marin breton, originaire de Plouha (Côtes d’Armor), décrit au jour le jour les six premiers mois de sa Grande Guerre, d’août 1914 à février 1915, de son départ du dépôt de Rochefort aux bombardements sur les tranchées de Nieuport, dans les Flandres, en passant par Paris, Dixmude ou la sanglante offensive de Steenstraete. Le froid, la boue, l’humidité, la faim, le voisinage de la mort, et notamment celle de quelques-uns de ses plus proches camarades, le secours de la religion, l’admiration pour ses officiers : Lucien Richomme, qui sert au 2e RFM, nous offre un témoignage rare – celui d’un homme du rang -, bien loin du récit épique que d’autres ont pu faire de ces combats rentrés dans l’histoire.

• Agrégé d’histoire, auteur de plusieurs ouvrages sur la Grande Guerre, Yann Lagadec est maître de conférences à l’université Rennes 2. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à la Grande Guerre.

Voir article Ouest-France : https://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-d-armor/cotes-d-armor-le-journal-de-1914-d-un-fusilier-marin-publie-6034877

Dans le cadre du Centenaire de la Grande Guerre, les éditions A l’ombre des mots font œuvre de mémoire en rééditant une partie de l’œuvre de guerre de l’&crivain trégorois, Charles Le Goffic .

Dès le début du conflit, Charles Le Goffic place les fusiliers marins au cœur de son « œuvre de guerre ». Il n’a de cesse, jusqu’au début des années 1920, de conter leur « épopée », de glorifier leurs faits d’armes. Publié au printemps 1915, Dixmude est le premier ouvrage qui leur est consacré : le ton du livre de l’écrivain trégorois, narrant la résistance sous un déluge de feu des fusiliers marins de Ronarc’h durant près d’un mois dans la petite ville flamande, sa nouveauté aussi assurent un tel succès à Le Goffic que l’on a pu écrire, dès l’époque, que l’écrivain avait « créé » la bataille. Premier d’une longue série, Dixmude est complété dès 1916 par Bourguignottes et pompons rouges, qui fait quant à lui une large place à la manière dont la mobilisation est vécue en Trégor, entre Lannion et Trébeurden.

Ce sont ces deux ouvrages, centraux dans l’œuvre de l’écrivain breton en ce qu’ils participent àson élection à l’Académie française, en 1930, qui sont réédités dans le présent volume, àl’occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre. Les deux livres sont complétés par une introduction de l’historien Yann Lagadec, permettant de mieux comprendre tout l’intérêt des œuvres de Charles Le Goffic.

War hent ar gêr

Yann Lagadec - Hervé Le Goff - Marie-Claire Morin

War hent ar gêr (Retour a la maison) narre l’évasion tissée de multiples péripéties d’un prisonnier retenu en Allemagne lors de la Première Guerre mondiale. D’abord publiée en langue bretonne sous forme de feuilleton en 1928 dans l’hebdomadaire Breiz, « l’histoire vécue et véridique d’un bout à l’autre » de Michel Lec’hvien poursuit son aventure éditoriale sous la forme d’un livret, imprime par les soins du même journal, en février 1929. Elle s’adresse en priorité un jeune lectorat, visant avant tout un objectif pédagogique clair ou la culture traditionnelle bretonne s’allie à la promotion d’un syncrétisme culturel franco-breton.

Quelque quarante années plus tard, au cœur d’une vieillesse qui couronne une existence de labeur, l’ancien soldat se pose à nouveau pour raconter, en français cette fois, la totalité de

« sa » guerre, celle menée avant comme après son évasion. Sa conclusion est sans ambages :

« Pourquoi la guerre qui arrache les hommes à leurs foyers, à leurs travaux ? La guerre ne règle rien, mais plutôt entretient une certaine rancœur... La guerre est inhumaine et engendre de grands désordres, dont le moindre n’est pas le désordre moral... »

Ce sont ces récits, pour la première fois réunis, qu’Hervé Le Goff et Yann Lagadec, historiens, présentent ici afin d’en faire mieux ressortir la genèse et les particularités.

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• Agrégé d’histoire, auteur de plusieurs ouvrages sur la Grande Guerre, Yann Lagadec est maitre de conférences à l’université Rennes 2.

• HervéLe Goff, professeur en retraite, est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles relatifs à la Renaissance française, à la Ligue en Bretagne et ses implications internationales, et à l’histoire religieuse de son Trégor natal.

Les sept fils du piqueur de pierre ou l'histoire du soldat Rolland Lissilour

Maria Prat - Albert Lissilour - Frédéric Le Personnic - Jean-Yves Séradin

Quatre auteurs pour un même livre, deux récits dans le même livre, un même personnage pour deux récits !

La nouvelle de Maria Prat, Les sept fils du piqueur de pierres, parue en 2004 avec le concours de deux professeurs de Guingamp et de leurs élèves, relate le destin tragique d'un Trégastellois parti au front d'où il ne reviendra jamais, alors que son épouse attendait leur sixième enfant, en 1914. Maria Prat, alors qu'elle était encore adolescente, a entendu de la bouche d'un commis de ferme l'histoire du soldat dont elle ne connaîtra jamais l'identité. Profondément marquée par l'injustice de la situation, elle en écrira une nouvelle quelques décennies plus tard. Lors de la sortie du livre, un Trégastellois, passionné de généalogie, réalisera que le soldat tué n'est autre que son propre grand-père ! Cette découverte donnera lieu à un deuxième récit à travers lequel les deux professeurs et le petit-fils de Rolland allieront leurs efforts pour tenter de retracer à travers une recherche historique précise et sérieuse, l'exact parcours du disparu, depuis son départ de Trégastel, jusqu'à sa mort en Belgique, sans oublier l'histoire de sa famille.

La présente édition, Les sept fils du piqueur de pierres ou l'histoire du soldat Rolland Lissillour, 1er août - 1er novembre 1914, met en parallèle les deux textes, complémentaires mais non opposés : l'un littéraire et « brodé » (selon les termes de Maria Prat) se veut néanmoins un témoignage sur une société ancestrale à son crépuscule ; l'autre, historique et le plus réel possible, est riche de nombreuses notes s'appuyant sur les dernières recherches en la matière. L'intérêt des auteurs contemporains se situe non pas dans un exposé scrupuleux des combats, mais bien plutôt dans la description de l'aspect « humain » de ces soldats ayant connu une souffrance morale à nulle autre pareille, entraînant dans son sillage celle de familles entières. Un entretien en breton avec Maria Prat, peu de temps avant sa mort, met le point final à l'ouvrage.

Un entretien en breton avec Maria Prat, peu de temps avant sa mort, met le point final à l'ouvrage.

« La guerre !!! ». C’est par ces mots – et ces trois points d’exclamation – que débutent les pages que l’abbé Debroise, curé-doyen de Mordelles (Ille-et-Vilaine), consacre à la Grande Guerre dans le livre de paroisse qu’il rédige depuis son arrivée ici, en 1909. Au fil des mois, l’ecclésiastique raconte la vie dans les campagnes du pays de Rennes, de la mobilisation en août 1914 aux célébrations de la victoire en juillet 1919. Départ des hommes, travaux des femmes et des vieillards, difficultés économiques, accueil des réfugiés belges et des soldats blessés, emploi de prisonniers de guerre allemands dans les fermes, passage de troupes américaines : rien n’échappe à l’observation du curé qui n’oublie pas ceux qui sont partis pour le front et, pour une centaine d’entre eux, y sont tués.

C’est ce document qui est ici publié in-extenso, complété par une introduction permettant d’en saisir tous les aspects. 

• Agrégé d’histoire, auteur de plusieurs ouvrages sur la Grande Guerre, Yann Lagadec est maître de conférences à l’université Rennes 2. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à la Grande Guerre.

• Passionnée par l’histoire de Mordelles, et particulièrement par la Première Guerre mondiale, Anne-Marie Nédellec effectue un travail de retranscription de la mémoire des aînés de la commune depuis une dizaine d’années.

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